Entre 1950 et 1970, la Maison André s'est trouvée au carrefour de tous les
marchés d'objets de fouilles et nous avons eu entre les mains, pour les dégager
de leur gangue d'oxydes ou pour les reconstituer, les plus beaux objets de métal
d'Iran, de Grèce, ou d'Egypte. Aujourd'hui, c'est plutôt la Chine qui envoie
le produit de ses fouilles.
La philosophie de la Maison André a toujours été très claire : sans critiquer
en aucune façon le travail des laboratoires officiels nous avons décidé de privilégier
systématiquement l'esthétique de l'objet, son charme, sa patine. Cela signifie
que nous refusons de recuire de l'or antique et que nous nettoyons les bronzes
en nous arrêtant à la couche offrant la plus jolie couleur ou le plus beau poli.
Nous savons que c'est une attitude parfaitement anti-scientifique mais il est
impossible que nous ayons tort car nous allons beaucoup moins loin, dans le
nettoyage des bronzes, que les laboratoires de musées et personne ne pourra
jamais nous reprocher un nettoyage intempestif.